Du 3 au 9 mars 2021

Suite à la crise sanitaire, notre seconde édition s'était tenue exclusivement en ligne proposant une sélection des meilleurs films sortis en 2019 et 2020 sur les plateformes VàD La Toile et La Vingt-cinquième heure.

La sélection des films 

de Best of Doc#2

ÊTRE VIVANT ET LE SAVOIR

D'Alain Cavalier

 

France, Couleur, 2019, 82'

Production Camera One, Arte France Cinéma

Distribution Pathé Films

                              

Emmanuèle Bernheim et Alain Cavalier sont liés par trente ans d’amitié. Ils préparent un film d’après le livre autobiographique de la romancière : Tout s’est bien passé. Elle y raconte comment son père lui a demandé "d’en finir" à la suite d’un accident cardio-vasculaire. Cavalier lui propose de tenir son propre rôle et que lui, soit son père. Un matin d’hiver, Emmanuèle téléphone à Alain ; il faudra retarder le tournage jusqu’au printemps, elle est opérée d’urgence.

Alain Cavalier, sélectionné au festival Best of Doc : “Ne me parlez ni d’argent, ni de Netflix, ni de CNC !”. L'entretien filmé avec Alain Cavalier par François Ekchajzer - Télérama à voir et à lire ici.

Son nouveau film évoque la disparition d’Emmanuelle Bernheim, et du film qu’ils devaient faire ensemble. Et c’est admirable. Le Figaro


De son projet d’adapter un roman d’Emmanuèle Bernheim, interrompu par le décès de l’auteure, le cinéaste tire un film bouleversant et empreint d’inquiétude. Libération

"Être vivant et le savoir" est un film d'adieu, le résultat bouleversant de quelque chose qui n'a pas pu se faire mais dont subsiste une belle ode à l'amitié et à la quotidienneté. Transfuge

 

Très certainement le film le plus émouvant de l’auteur de "Thérèse" (1986) et d’"Irène" (2009). Bande à part

 

Présenté à Cannes en séance spéciale, le récent film d’Alain Cavalier rend hommage à son amie Emmanuèle Bernheim par la vitalité de son cinéma toujours renouvelé. L'Humanité

M

De Yolande Zauberman

 

France, Couleur, 2019, 106'

Production CG Cinéma, Phobics

Distribution New Story

                              

«M» comme Menahem, enfant prodige à la voix d’or, abusé par des membres de sa communauté qui l’adulait. Quinze ans après il revient à la recherche des coupables, dans son quartier natal de Bnei Brak, capitale mondiale des Juifs ultra-orthodoxes. Mais c’est aussi le retour dans un monde qu’il a tant aimé, dans un chemin où la parole se libère... une réconciliation.

Yolande Zauberman signe un documentaire bouleversant d’humanité sur des abus sexuels commis à l’encontre d’enfants dans une communauté juive ultraorthodoxe des environs de Tel-Aviv. La Croix

Un scandale retentissant. Menahem revient sur les lieux du crime de façon à la fois clandestine (la nuit le plus souvent) et à visage découvert. M est un film de dénonciation et de réconciliation. Un coup porté à une communauté pour mieux la sauver. Le Figaro


Mais l’extraordinaire du documentaire de Yolande Zauberman, "M", c’est que la vengeance se révèle rapidement une fausse piste, ce à quoi l’on assiste étant bien plus beau, et plus grand : une forme de réconciliation fabriquée par la grâce de la caméra et l’intelligence de la cinéaste. Libération 

 

Ni le bonheur ni la souffrance ne sont des sentiments simples, et "M", de Yolande Zauberman, est aussi complexe que la vie. Bande à part 

 

Ce film courageux (…) révèle une terrible et complexe vérité. Mais sa force est aussi de faire droit à l’attirance pour la nuit, au pouvoir d’attraction du désastre. Cahiers du cinéma  

MONROVIA, INDIANA

De Frederick Wiseman

 

États-Unis, Couleur, 2018, 143'

Production Zipporah Films

Distribution Météore Films

                              

Monrovia, petite ville agricole du Midwest américain compte 1400 habitants, dont 76% ont voté pour Trump aux dernières élections présidentielles. Des salles de classe aux réunions municipales, du funérarium aux foires agricoles locales, Frederick Wiseman nous livre une vision complexe et nuancée du quotidien de cette communauté rurale, portrait d’une Amérique souvent oubliée et rarement montrée.

Un futur classique du documentaire. L'Express

 
La générosité du regard, sa poésie embrasse l’existence, le comique et le tragique, la banalité. L’Humanité 

  

Poursuivant sa monumentale entreprise documentaire entamée en 1967, Frederick Wiseman a filmé le quotidien d’une bourgade trumpiste du Midwest, avec une intelligence du détail qui l’exonère de tout jugement moral. Libération

 

La grande réussite de "Monrovia, Indiana" est d'être un grand film politique qui n'aborde jamais frontalement son sujet. Avec son sens de l'esquive non dénué d'humour, le cinéaste poursuit son impressionnant portrait de l'Amérique contemporaine et confirme que son dispositif est aussi pertinent au champ qu'à la ville. Positif 

 

Le documentariste américain s’y montre d’autant plus pénétrant qu’il se garde de tout manichéisme, témoignant d’un humanisme incurable quoique sans illusion. Dans ce monde fermé, étriqué, autarcique, il trouve aussi, malgré tout, une forme de beauté. Télérama 

 

Dans "Monrovia, Indiana", Wiseman s'intéresse de très près au quotidien d’une petite ville rurale américaine, en plein cœur de l’Indiana. Sans jamais nommer Trump, son ombre n’en est que plus saillante à chaque séquence. La Septième Obsession 

QUELLE FOLIE

De Diego Governatori

 

France, Couleur, 2018, 87'

Production Les Films Hatari

Distribution New Story

                              

Aurélien est un ami très proche, atteint du syndrome autistique d’Asperger. Parmi les symptômes, une utilisation atypique du langage qui complique son intégration dans la société. Sa parole témoigne en effet d’une certaine difficulté à incorporer les codes qui régissent les liens et les interactions sociales, ce qui l’exclut de ce fait de toute altérité durable. Au-delà de ce que l’autisme peut expliquer, au-delà aussi des hypothèses que je pourrais formuler, il est un témoignage à son propos qui m’intéresse vivement : le sien. Comment se voit-il, se pense-t-il, s’impressionne-t-il, se vit-il ?

Portrait extraordinaire d’un autiste relatant son ressenti, à mesure qu’il invente son chemin dans un monde qui le met en échec. Libération 

 

Le film, comme son personnage, s’interdit de tomber dans une vision romantique de l’autisme. Cahiers du cinéma 

 

Sans donner une image romantique de l’autisme, Diego Govenatori livre un beau témoignage d’un homme coupé de ses semblables, où rien n’est accessible, où l’environnement reste constamment étranger à soi. Culturopoing.com 

 

Documentaire hors norme, Quelle folie !, selon la formule qui ponctue les propos d’Aurélien, permet d’entrer de manière inédite dans un univers méconnu auquel sont attachés bien des préjugés. La Croix 

 

Ce documentaire réussit l’exploit de nous montrer la vie intérieure tumultueuse d’une personne autiste. Télérama 

TALKING ABOUT TREES

De Suhaib Gasmelbari

 

France, Couleur, 2018, 94'

Production AGAT Films & Cie

Distribution Météore Films

                              

Ibrahim, Suleiman, Manar et Altayeb, cinéastes facétieux et idéalistes, sillonnent dans un van les routes du Soudan pour projeter des films en évitant la censure du pouvoir. Ces quatre amis de toujours se mettent à rêver d'organiser une grande projection publique dans la capitale Khartoum et de rénover une salle de cinéma à l'abandon. Son nom ? La Révolution…

Gasmelbari ne se fait pas seulement le relais des joyeux Don Quichotte mais s’affirme pleinement cinéaste et lointain cousin de Rozier et d’Herzog. Cahiers du cinéma 

 

Un document exceptionnel doublé d’une aventure humaine de cinéma, d’humour et de résistance politique. L’Humanité 

 

Splendide élégie pour un art sinistré depuis le coup d’État de 1989, que viennent ponctuer des extraits de la production nationale d’antan. Libération 

 

Drôle et émouvant. La Croix 

 

La noblesse, l’élégance, l’humour et l’ironie de ce quatuor soudanais sont une incomparable célébration de l’art et de l’amitié. Le Figaro 

À écouter sur France Culture

ADOLESCENTES

De Sébastien Lifshitz

 

France, Couleur, 2020, 135'

Production AGAT Film & Cie

Distribution Ad Vitam

                              

C’est l’âge des premières fois, des doutes, des choix et des craintes. Emma et Anaïs, amies d’enfance, traversent ensemble la période charnière de l’adolescence, malgré leurs différences personnelles ou familiales. Que deviendra leur amitié alors que leur vie d’adulte prend forme ? Sébastien Lifshitz (Les Invisibles, RIDM 2012) suit le parcours de ces jeunes filles, de 13 ans à 18 ans. Il capte, avec une étonnante proximité, leurs émois et leurs préoccupations quotidiennes : l’amour, les parents, le futur, l’actualité. Le film est aussi le prisme intimiste à travers lequel il scrute la société française et les crises qu’elle traverse, des attentats de 2015 aux inégalités socioculturelles grandissantes. Une poignante chronique au long cours, filmée avec une justesse remarquable. (ACO)

Un précipité bouleversant de notre époque. Les Inrockuptibles

Aussi fascinant qu'attachant. Ouest France 

 

La puissance rare du documentaire de Lifshitz est bien de faire advenir sous la lave des émotions incandescentes la glace de la résignation morne, que l’on appelle la vie adulte. Positif

À la fois tendre et douloureux, un magnifique film sur le monde mystérieux de l'adolescence. Elle


Adolescentes, en évitant à chaque instant les pièges du voyeurisme et du « cinéma vérité » (les deux héroïnes savent pertinemment qu’elles sont filmées et jouent avec la caméra), entraîne le spectateur dans une histoire à la fois intime et collective qui passionne et touche. Marianne

 

Au gré d’ambiances très variées, l’émotion affleure comme dans une fiction où l’on ne voit pas le temps passer : écoles, famille, sorties entre jeunes etc. Des situations ici captées à bras le corps, à une bonne distance qui subrepticement s’amenuise au fil des ans, toujours avec force et délicatesse. Le Journal du dimanche

À écouter sur France Culture

HISTOIRE D'UN REGARD 

De Mariana Otero

 

France, Couleur, 2020, 93'

Production Archipel 33 

Diaphana Distribution

                              

Gilles Caron, alors qu’il est au sommet d’une carrière de photojournaliste fulgurante, disparaît brutalement au Cambodge en 1970. Il a tout juste 30 ans. En l’espace de 6 ans, il a été l’un des témoins majeurs de son époque, couvrant pour les plus grands magazines la guerre des Six Jours, mai 68, le conflit nord-irlandais ou encore la guerre du Vietnam. Lorsque la réalisatrice Mariana Otero découvre le travail de Gilles Caron, une photographie attire son attention qui fait écho avec sa propre histoire, la disparition d’un être cher qui ne laisse derrière lui que des images à déchiffrer. Elle se plonge alors dans les 100 000 clichés du photoreporter pour lui redonner une présence et raconter l’histoire de son regard si singulier.